18 juin 2016

La boîte à outils de l'auteur numérique (3. Créer sa couverture)



Ne tournons pas autour du pot : je ne suis pas designer. La plupart d'entre vous non plus. Pourtant, les auteurs numériques que nous sommes ou ambitionnons d'être avons besoin, comme tout écrivain, d'une belle couverture de façon à mettre en valeur nos œuvres une fois rendues publiques sur la Toile.
Faites un peu le tour... Vous constaterez vite que le monde du livre numérique, amateur ou non d'ailleurs, est peuplé de mauvais goût. La mocheté des couvertures d'ebooks sur Internet a de quoi vous faire pleurer des larmes de sang. Je vous propose de tenter de faire les choses bien. Évitons les découpages enfantins, les incrustations hasardeuses, les torses masculins, les couleurs flash des années 80 et ce foutu Comic Sans MS.
Plusieurs possibilités s'offrent à nous.

Utiliser Canva


Le site Internet www.canva.com permet aux amateurs de créer diverses infographies de qualité assez honnête, gratuitement dans la version simple. Entre autres, la possibilité vous est donnée de créer des couvertures d'ebooks. Les templates sont déjà faits, vous n'avez plus qu'à remplir. La sélection gratuite est limitée mais a le mérite d'exister et de donner un résultat moderne, efficace. Voici mes créations, faites en 6 minutes tout compris... À vous de voir si vous les jugez meilleures que mes couvertures originales ;) Personnellement, je trouve Cassandra assez réussie !




Faire sa couverture

Je le répète : je ne suis pas designer. Cependant, je me débrouille. Je vais vous donner quelques astuces.

J'imagine que certaines des techniques que j'utilise feraient probablement bondir un professionnel, mais elles ont le mérite de fonctionner correctement et donner un bon rendu.

Les éléments d'une couverture

Une couverture est constituée de deux catégories d'éléments : l'image de fond et le texte.

1. L'image de fond

  • Vous pouvez opter pour un extrait de photo, ou pour un fond uni. Choisissez évidemment des photos de haute résolution, et libres de droit. On en trouve plus qu'on ne croit sur Internet.
  • Découpez l'image à la bonne dimension, agrandissez-la ou rétrécissez-la si nécessaire. Vous devez arriver à un format portrait (rectangulaire) dont le rapport longueur/largeur est de 3/2. 2400 pixels par 1600 par exemple, est excellent.
    Pour cette étape, j'utilise tout simplement le programme Office Picture Manager de Windows. Une merveille de simplicité. Les outils "rogner" et "redimensionner" vous permettront ces manipulations de base. Si vous souhaitez passez à du noir et blanc, ou faire une autre manipulation simple relative aux couleurs, c'est également possible d'ici.

2. Le texte

  • Le titre du livre, votre nom, et toute autre information complémentaire doivent figurer sur la couverture. Pour faire ces ajouts, sans la moindre honte... j'utilise Microsoft Paint. Le placement est approximatif mais l'outil texte est simple et rapide. Puisque la couverture est en haute résolution, je travaille en dézoomant à 50 ou 25%.
  • Pour le choix de la police de caractère, ne vous limitez pas à celles disponibles d'origine sur votre ordinateur ! Vous pouvez aller en chercher d'autres sur le Web. Attention, les polices aussi sont soumises au droit d'auteur. Je vais chercher les miennes sur Font Squirrel. Le principe est très simple, vous téléchargez le fichier, puis clic droit, installer. La police sera automatiquement disponible dans vos programmes.
Pour ajouter votre zone de texte dans Paint sans obtenir de rectangle blanc tout autour, n’oubliez pas de rendre votre zone transparente. Ceci dit, si vous préférez, écrire en choisissant la bonne couleur de fond de zone peut être intéressant. Pour Joyeux anniversaire, j’ai écrit en blanc sur fond bleu par exemple.

Au niveau de la couleur du texte, les couleurs vives proposées par Paint dénaturent souvent le côté naturel de la couverture, et on n’a pas forcément envie de n’écrire qu’en blanc ou noir. Une astuce qui peut fonctionner et unifier texte et image consiste à prélever de la couleur faisant partie de l’image, et de s’en servir pour le texte. Utilisez pour cela l'outil très français "sélecteur de couleur". C’est ce que j’ai fait pour le titre d’Osiris : j’ai prélevé du bleu sombre dans l’image et m’en suis servi pour écrire plus haut.

Si vous désirez aller plus loin dans la modification des images, ou donner plus d’effets au texte, vous aurez besoin d’un programme un peu plus sophistiqué que Paint. Pas besoin d’un crack de Photoshop. La solution est libre, performante, et s’appelle GIMP.
GIMP est un logiciel de retouche photo très complet, créé, modifié et encadré par une vaste communauté sur le Net, comme c’est souvent le cas dans le monde fabuleux du logiciel libre (gratuit, et modifiable pour les plus geeks d’entre nous). Je n’utilise pas  toutes ses fonctionnalités, loin de là, mais certaines manipulations sont plus aisées grâce à lui.
Il est notamment possible grâce à GIMP de passer l’image en noir et blanc (mais vous pouviez déjà le faire avec Office Picture Manager, souvenez-vous, mais le réglage est plus fin ici), de la pixeliser, de jouer avec les couleurs ou la transparence...

Une manipulation que j’apprécie particulièrement consiste à faire en sorte de ne conserver qu’une zone précise de l’image en couleur, et de conserver le reste en noir et blanc. J’ai utilisé cet effet pour la couverture de CasSandra. C’est exactement de la même manière que vous pouvez écrire un texte, comme un titre, en le découpant dans une image.
La technique consiste à recouvrir votre image couleur initiale de son double en noir et blanc, et de découper dans ce double de façon à voir apparaitre la couleur qui se trouve juste derrière. Cette technique est liée à la notion de calque, pour laquelle de multiples tutoriels sont disponibles un peu partout. Disons qu’un calque est une couche de l’image sur laquelle vous pouvez travailler. À la fin de vos manipulations, tous vos calques se superposent pour constituer l’image finale.
Voici le détail de la manipulation de base :

  • Ouvrez votre image couleur avec GIMP.
  • Utilisez l’onglet Calque pour dupliquer le calque. Vous devriez voir apparaître dans la petite fenêtre « Calques » les deux couches identiques de votre image. La miniature la plus haute dans la liste est la couche supérieure.
  • Utilisez l’onglet Couleur, puis désaturer pour faire passer le calque le plus haut en noir et blanc.
  • Grâce à l’onglet Calque, ajoutez au claque noir et blanc un masque. Gardez l’option « blanc, opacité complète » activée.
  • Le blanc rendu opaque vous permet maintenant de retrouver la couleur en dessinant en noir sur l’image, au pinceau par exemple. La couleur noire perce le masque et fait réapparaitre la couleur de l’image inférieure. N’hésitez pas à zoomer pour être plus précis !

Si vous souhaitez utiliser du texte découpé dans une deuxième image pour donner un effet de texture, ce n’est pas beaucoup plus compliqué. Il faut que votre image « texture » soit ouverte en premier, puis que vous lui ajoutiez votre future couverture en tant que calque. C’est elle qui apparaitra au-dessus. Ajoutez un masque à votre couverture pour pouvoir y découper votre texte.
Il existe surement une manière d’écrire puis de découper directement le texte de couleur noire dans l’image, mais j’avoue avoir beaucoup cherché, sans trouver. Alors voilà comment je m’y prends :

  • J’écris mon titre ave la bonne police et une taille imposante en noir, dans Paint. J’enregistre en .png, le seul format d’image à gérer la transparence.
  • J’ouvre mon image « titre » avec GIMP.
  • J’utilise l’onglet Couleur et je sélectionne « couleur vers alpha ». Alpha, c’est la transparence de l’image. Sans autre réglage, tout le blanc passera en transparent.
  • Je copie le texte.
  • Je le colle sur ma couverture, ouverte dans GIMP elle aussi, déjà pourvue de son masque de calque.


Du point de vue pratique, n’oubliez aucun élément important de votre couverture. Certains canaux de diffusion, comme Smashwords (et donc tous ceux qui en découlent) ont des exigences précises à ce sujet. Elles sont logiques, cependant. Votre nom ou pseudo doit apparaitre, ainsi que le titre de l’œuvre. Je vous conseille d’ajouter le genre auquel appartient votre récit. Elle ne peut pas contenir de publicité ou d’information liée au prix.
Faites ça bien ! N’oubliez pas que la couverture est la première vitrine de votre texte. Il faut que cela donne envie. N'hésitez pas à partager vos productions !